Innover Sans Technologie ? Totalement Possible ! [Astuce Business #4] | Impactified

Découvrez comment innover sans technologie dans cette vidéo passionnante sur l'innovation! Apprenez des astuces pour améliorer votre créativité et développer de nouvelles idées sans utiliser de technologies avancées.

Innover Sans Technologie ? Totalement Possible ! [Astuce Business #4]

Le MBA Accéléré, par Impactified

Innover sans technologie est bien plus facile qu'on ne le pense, et crée un tas d'opportunités dans une entreprise. Le plus difficile est d'oser s'y mettre ! Le sujet vous intéresse ? Ca tombe bien, on a justement quelques astuces a partager !

Introduction Ă  l’innovation sans tech

[Antoine Martin, Co-fondateur Impactified] : Alors nouvelle vidĂ©o aujourd’hui, on va parler d’un sujet qui est plutĂ´t sympa, c’est l’innovation. Et on va se poser une question, c’est comment est-ce qu’on fait de l’innovation sans tech ? Parce que l’innovation c’est souvent un mot qui est associĂ© Ă  la tech et la rĂ©alitĂ© c’est que tout le monde n’est pas nĂ©cessairement un techos ou un techie ou un geek ou une entreprise fintech ou une entreprise de tech d’une manière gĂ©nĂ©rale.

Donc est-ce qu’on peut innover sans tech ? C’est le sujet du jour et on va parler de ça avec Philippe Bonnet. Bonjour Philippe.

[Philippe Bonnet, valorisateur d’entreprises et Co-fondateur Impactified] : Bonjour Antoine

[Antoine Martin] : Philippe Bonnet le co-founder d’Impactified, facilitateur de scale, facilitateur de croissance et valorisateur d’entreprise.

Les trois piliers de l’innovation sans technologie

[Antoine Martin] : Dans cette vidĂ©o, donc, on parle de comment faire de l’innovation sans technologie et on va regarder trois sujets. Un, le mindset, comment est-ce qu’on peut prendre conscience de la valeur qu’on crĂ©e et comment on peut arriver Ă  dĂ©cloisonner les choses pour crĂ©er davantage de valeur et innover.

Deuxièmement, identifier sa proposition de valeur, identifier son business model pour voir quelles sont les marges de manĹ“uvre qu’on a pour pouvoir innover. Et puis enfin, comment on fait la mise en Ĺ“uvre. Comment est-ce qu’on avance, on parlera aussi des tests qu’on peut mettre en place pour voir oĂą on en est, et puis on parlera, comme d’habitude, des diffĂ©rents enjeux qu’il peut y avoir pour mettre tout ça en place, soit quand on dĂ©marre avec son business, soit quand on est dĂ©jĂ  bien dĂ©marrĂ© et qu’on est plutĂ´t en phase de scale, et comme d’habitude, on fait ça tout de suite.

C’est quoi l’innovation ? DĂ©finition et exemples

[Antoine Martin] : Pour commencer, qu’est-ce qu’on entend par innovation ? Il y a souvent une discussion quand on notamment avec les gens qui font de la tech c’est on fait de l’innovation parce qu’on fait de la disruption on casse les codes, on casse tout, c’est ça l’innovation ?

[Philippe Bonnet] : L’innovation c’est de proposer un environnement qui soit effectivement perturbant par rapport Ă  ce qui existe conventionnellement sur l’offre proposĂ©e. C’est effectivement d’apporter de la diffĂ©renciation et cette diffĂ©rence elle peut ĂŞtre faite en morceaux et pas forcĂ©ment de tout casser, on peut juste reconsidĂ©rer un certain nombre de points.

[Antoine Martin] :  Donc, on veut faire de l’innovation mais on n’a pas nĂ©cessairement de tech, on n’a pas de moyens pour faire de la tech et puis on a un business qui n’est pas basĂ© sur la tech, par quoi on commence ?

Avoir le bon mindset pour innover

[Philippe Bonnet] : Il est possible de crĂ©er de l’innovation et sans tech. McDonald’s a une expĂ©rience qu’il fait rĂ©aliser Ă  ses futurs franchises quand ils arrivent, c’est de leur donner une paille et de leur dire est-ce qu’il est possible de rentrer une paille dans une orange. La force de cet exercice, c’est de rĂ©aliser que s’ils ont un doute et qu’ils veulent rentrer la paille un peu en un peu doucement, un peu en dessous ou Ă  cĂ´tĂ©, ils n’y arrivent pas et la paille elle s’Ă©crase. Et ceux qui ont compris le sujet, c’est-Ă -dire que ça va marcher, Ils prennent la paille, ils la rendent dans leur range et ça rentre.

Le sujet de l’innovation sans tech, c’est une affaire de mindset avant tout, et il y a trois qui sont inspirants qui peuvent nous donner matière Ă  rĂ©flĂ©chir.

La première, c’est une des deux inventions les plus communes dans le milieu de la bureautique et qui est assez perturbante parce qu’elle est d’une simplicitĂ© Affligeante, et elle a rĂ©volutionnĂ© la façon dont les bureaux dans le monde ont changĂ©, c’est le post-it.

[Antoine Martin] :  Ah oui c’est tout aussi simple que ça en fait…

[Philippe Bonnet] : un morceau de papier, donc en fait on n’a pas inventĂ© le morceau de papier, peu de colle, on n’a pas inventĂ© la colle, il se trouve que c’est une colle qui se recolle et qui se recolle, un peu. VoilĂ . Et avec cet ensemble de « j’ai besoin d’un papier, de pouvoir le mettre n’importe oĂą et qu’il adhère et d’ailleurs je veux pouvoir le dĂ©coller et le recoller », et ben en fait, on a fait un empire financier avec une innovation puisqu’on ne vendait pas ces morceaux de papier auparavant. On les rĂ©cupĂ©rait dans le meilleur des cas sur les arrières de A4 qui sortaient des photos copieuses. Y a eu une innovation et elle ne passe pas par la tech qu’on vient de dĂ©montrer.

Le deuxième point sur le mindset, c’est de prendre en compte cet exemple brillant dans l’industrie de l’Ă©vĂ©nementiel, du cirque en particulier, qui a toujours Ă©tĂ© une industrie très peu rentable. On arrivait Ă  peine Ă  payer les salaires des uns et des autres, mais ce n’Ă©tait pas du tout une approche entrepreneuriale au sens dividende, valorisation, crĂ©ation d’un environnement qui fonctionne de par lui-mĂŞme.

[Antoine Martin] :  artisanal et familial finalement.

[Philippe Bonnet] : Absolument. Et d’ailleurs, c’Ă©tait artisanal familial et Ă  destination de la famille. Il y a eu un opĂ©rateur canadien qui est arrivĂ© lĂ -dedans, qui a dĂ©coupĂ© le sujet pour en faire quelque chose qui Ă©tait innovant, c’est le Cirque du Soleil, qui a rĂ©cupĂ©rĂ© le mot du cirque, mais qui est très peu le cirque, notamment, on le verra plus tard, en ayant abandonnĂ© un certain nombre de paramètres, et qui a permis de dĂ©montrer qu’il Ă©tait capable de rĂ©aliser dans une industrie peu profitable et peu entrepreneuriale un vrai succès d’entreprise Ă  l’Ă©chelle planĂ©taire.

[Antoine Martin] :  Donc, le post-it, une manière de sortir de la boĂ®te en crĂ©ant quelque chose de diffĂ©rent. Le cirque du soleil, c’est rĂ©volutionner une industrie en changeant un business model et une manière de procĂ©der. On en reparlera après. Le troisième exemple que tu as en tĂŞte, c’est…

[Philippe Bonnet] : C’est un exemple pareil, consternant de basique, il s’agit d’une histoire de rouleau de papier hygiĂ©nique qui a au BrĂ©sil il y a une quinzaine d’annĂ©es. Et dans cet environnement lĂ , qui est ultra concurrentiel, il y avait une incapacitĂ© Ă  faire quelque chose qui Ă©tait et profitable, puisque en fait l’idĂ©e c’Ă©tait de dire on va rajouter une deuxième feuille, puis une troisième feuille, puis une quatrième feuille, puis on va rajouter de l’odeur, enfin bon bref, on rajoutait des trucs et on baissait le prix, et Ă  la fin il n’y avait plus de marge.

Et donc il y a eu cette rĂ©flexion sur cet environnement lĂ  qui a donnĂ© matière Ă  rĂ©aliser, et on va Ă  la fin de l’histoire tout de suite, Un produit qui Ă©tait adaptĂ© aux besoins du BrĂ©sil oĂą les gens ont peu de voitures et donc se dĂ©placent et font leurs courses dans les supermarchĂ©s, notamment en bus. Et en bus, on a une place qui est très limitĂ©e.

Et donc ce groupe, Kimberly Clark, a dans un process qui lui a fait rĂ©aliser, analyser, auditer, benchmarker et Ă  la fin… Produire un produit qui Ă©tait grosso modo trois fois moins volumineux qui avait le mĂŞme nombre de feuilles et qui Ă©tait un prix qui Ă©tait très lĂ©gèrement identique supĂ©rieur Ă  la concurrence et ils ont fait un carnage avec ce produit lĂ  avant d’ĂŞtre Ă  nouveau copies mais c’est une autre histoire.

[Antoine Martin] :  Si on rĂ©sume, ça veut dire que dans les trois cas, sujet c’Ă©tait pas nĂ©cessairement une volontĂ© de casser l’industrie, de casser les codes, de tout brĂ»ler et de dire qu’on Ă©tait les meilleurs et les nouveaux. C’Ă©tait une question de dire, on a trouvĂ© quelque chose de diffĂ©rent, on n’a pas forcĂ©ment fait exprès mais on a trouvĂ© quelque chose de diffĂ©rent. Ou bien c’Ă©tait une question de dire, comment est-ce qu’on arriverait Ă  changer la vie des gens en rendant les choses plus faciles sans mettre le feu Ă  tout.

[Philippe Bonnet] :  Rien n’a Ă©tĂ© fait au hasard. C’est quelque chose qui a Ă©tĂ© analysĂ© par rapport Ă  un besoin et justement Ă  vouloir 1 prendre conscience du fait qu’on souhaitait faire de l’innovation et sans forcĂ©ment avec de la tech, 2 sortir du carcan dans lequel Ă©tait enfermĂ© l’entreprise de secteur ou d’industrie, et troisièmement, d’arriver Ă  recomposer un produit qui soit hors cadre sans ĂŞtre totalement dĂ©connectĂ©.

Identifier sa proposition de valeur

[Antoine Martin] :  Donc le deuxième gros sujet du coup c’est identifier sa proposition de valeur, ce qui transcende en fait de tout ce dont on vient de parler, plusieurs Ă©lĂ©ments lĂ -dedans, il y a un sujet de business model, il y a un sujet de construire et dĂ©construire les offres, il y a un sujet de connaĂ®tre les limites, il y a un sujet de connaĂ®tre, arriver Ă  dĂ©terminer finalement les facteurs qui sont dĂ©terminants, de l’offre mais aussi de l’industrie et de pouvoir faire des comparaisons des benchmarks a une question de marge que tu as mentionnĂ©, il y a une question de dire est-ce que c’est trop de ci, est-ce que c’est trop de ça… Par quoi on commence?

[Philippe Bonnet] :  La première chose, c’est de prendre conscience de l’Ă©tat actuel de lĂ  oĂą on en est avec entreprise et nos produits, est-ce qu’on est dĂ©jĂ  très innovant et en avance par rapport aux autres, on va dire pionniers, ou est-ce qu’au contraire, on est avec quelque chose qui est très basique, très traditionnel Encore une fois, non pas en tant qu’entreprise, mais sur la typologie des produits qu’on a. Donc typologie de produit par typologie de produit, en imaginant qu’une entreprise peut en avoir 2, 3 ou 4.

On peut aussi dĂ©construire par rapport aux fonctionnalitĂ©s qu’ont nos produits. Si un comptable imagine que ses fonctionnalitĂ©s, c’est de pouvoir suivre la comptabilitĂ©, encaisser les factures, faire un bilan Ă  fin de l’annĂ©e, voire avoir un conseil sur l’optimisation fiscale, ça fait quatre fonctionnalitĂ©s. La cinquième serait son prix et on peut continuer comme ça pour autant, il existe des business models, Notamment au Portugal, qui montre bien qu’y compris sur des industries aussi traditionnelles la comptabilitĂ©, on arrive Ă  dĂ©cloisonner.

[Antoine Martin] :  Oui c’est ici l’exemple c’est banque Rauva dont on a fait une interview par ailleurs, qui est partie du principe que d’un cĂ´tĂ© il y avait les comptables qui chargeaient 250 euros Ă  300 euros par mois minimum pour crĂ©er une sociĂ©tĂ© tenir la comptabilitĂ©, faire des choses qui n’Ă©taient relativement pas crĂ©atrices de valeur finalement pour les entreprises, et de l’autre cĂ´tĂ© il y avait le besoin d’avoir un compte en banque.

Donc ils se sont dit, on va faire un compte en banque et on va intĂ©grer toute la comptabilitĂ© dedans, comme ça au fur et Ă  mesure que les gens regarderont leur compte en banque, ils auront aussi fait leur compta. Donc en prenant des Ă©lĂ©ments d’un marchĂ© qui Ă©tait le compte en banque et les Ă©lĂ©ments d’un marchĂ© qui Ă©tait la gestion financière ils ont fait une offre qui Ă©tait packagĂ©e moins chère qu’un comptable en ayant tout inclus.

Réfléchir sur les limites du modèle actuel

[Philippe Bonnet] :  Deuxième point, c’est une rĂ©flexion sur ses limites, les limites en termes de profitabilitĂ©, en termes de compĂ©titivitĂ©, termes de dĂ©sirabilitĂ© aussi, de faisabilitĂ©, en fait, de considĂ©rer l’ensemble du cadre dans lequel on se dĂ©place pour pouvoir reflechir Ă  la possibilitĂ© non pas de rester dans le bassin des clients qu’on a, mais de sortir sur des presque clients ou sur des non-clients.

On fera une vidéo à part sur les presque clients, les non-clients et les températures de clients.

Alors ensuite, y a une phase qui va passer par le fait de lister les facteurs de son business. pas par rapport Ă  des… Concurrent, mais par rapport Ă  des catĂ©gories de concurrents, catĂ©gories luxe, catĂ©gories mass market, catĂ©gories low cost ça peut ĂŞtre des catĂ©gories en B2B, B2C etc il y a une vraie crĂ©ativitĂ© Ă  avoir Ă  faire ces benchmarks.

[Antoine Martin] :  Un exemple de ça, c’est une vidĂ©o qu’on a tournĂ©e d’ailleurs très rĂ©cemment avec Fabien Le Guillarm de Gimbal Cube avec qui on a travaillĂ© pendant un moment sur le repositionnement de la marque Gimbal pour les faire passer d’Ă©quipe de dĂ©veloppeurs Ă  Ă©quipe d’innovation justement dans tout ce qui Ă©tait rĂ©alitĂ© augmentĂ©e, en regardant quels Ă©taient leurs marchĂ©s. En regardant quels Ă©taient les facteurs dĂ©terminants de leur business et en les aidant Ă  se benchmarker par rapport Ă  la concurrence, ils se sont rendus compte que dans tout ce qui Ă©tait rĂ©alitĂ© augmentĂ©e, donc l’utilisation de logiciels pour voir les choses diffĂ©remment, ils avaient finalement des concurrents historiques qui Ă©taient dans l’industrie lourde, qui servaient Ă  aider les entreprises Ă  modĂ©liser, former, produire des choses très technologiques, mais ce n’Ă©taient pas des concurrents.

Ce sont des concurrents dans le principe mais dans les faits ce ne sont pas des concurrents dans la mesure oĂą les industries sont très diffĂ©rentes, que les clients sont diffĂ©rents et que du coup la proposition de valeur est diffĂ©rente. Donc il y a un vrai enjeu Ă  rĂ©flĂ©chir aux facteurs dĂ©terminants de son business et des facteurs dĂ©terminants des autres business de l’industrie et ensuite de les comparer les uns aux autres pour voir si oui ou non on est en concurrence.

[Philippe Bonnet] :  La dernière phase, c’est d’optimiser en se disant qu’on va pouvoir changer la situation dans laquelle on se place sur ces diffĂ©rents facteurs par rapport aux autres, voire mĂŞme crĂ©er des nouveaux facteurs tres alternatifs, quand on parle du post-it, un facteur, c’est le fait que le morceau de papier soit collant. C’est quelque chose qui n’existait pas avant. Si on parle du Cirque du Soleil, le facteur innovant c’Ă©tait l’architecture de la lumière, la qualitĂ© du son, la programmation qui n’existaient pas avant puisqu’en fait, c’Ă©tait toujours très standard.

Le point qu’il faut mentionner ici et qui est indispensable, c’est que 1, On ne peut crĂ©er des facteurs et continuer Ă  gagner de l’argent, voire gagner plus d’argent que si on accepte de baisser certains facteurs et Ă©galement d’en faire disparaĂ®tre totalement. Le cirque du soleil a acceptĂ© de faire disparaĂ®tre totalement les animaux. Ça coĂ»tait cher et ça avait mauvaise presse.

L’importance d’avoir un process d’innovation

[Philippe Bonnet] :  le deuxième facteur qu’il faut garder en tĂŞte Ă©galement, c’est qu’on ne peut pas avoir de bonnes idĂ©es qui arrivent… Comme ça, d’un coup. C’est basiquement une affaire de mĂ©thode. Il n’y a pas de gĂ©nie Ă  crĂ©er l’innovation Ă  fortiori sans tech. Par contre, il y a un process. Et le fait de vouloir s’Ă©vacuer du process est une excellente façon de ne pas y arriver en ayant des très bonnes, mauvaises idĂ©es ou d’avoir de parfaites idĂ©es qui vont nous faire perdre de l’argent.

Je peux mentionner d’ailleurs sur cet exemple-lĂ  deux personnes absolument gĂ©niales, Riboud, l’ancien patron de Danone et Mohamed Younous qui Ă©tait prix Nobel de la Paix, qui se sont assis l’un avec l’autre en se disant qu’ils allaient trouver une idĂ©e gĂ©niale pour ramener de la nutritivitĂ© dans les campagnes avancĂ©es du fond du Bangladesh, l’idĂ©e c’Ă©tait de monter des petites structures qui Ă©taient capables de faire des produits type yaourt, Ils ont dĂ©cidĂ© de ça tous les deux, ils n’ont pas suivi de process, l’idĂ©e Ă©tait gĂ©niale, ils ont juste ratĂ© un truc, c’est qu’il n’y avait pas de suivi de la chaĂ®ne du froid et que ça n’a jamais pu marcher.

Alors que s’ils avaient rĂ©flĂ©chi en amont avant de produire les chaĂ®nes de fabrication, ils auraient très bien pu aller sur des produits Ă  base de cacahuètes qui n’avaient pas du tout besoin de chaĂ®ne du froid et de rĂ©soudre effectivement avec tout le reste qu’ils avaient imaginĂ© de manière très efficace ce problème-lĂ . Ils sont passĂ©s Ă  cĂ´tĂ©.

La mise en Ĺ“uvre de l’innovation

[Antoine Martin] :  Oui, ce qui nous amène en fait au troisième sujet de la discussion qui est la mise en Ĺ“uvre avec des process qui s’appellent des process Lean, des process de Lean Startup finalement, qui visent Ă  dire, quoi qu’il en soit, vous allez vous planter. Donc plantez-vous vite, plantez-vous pas cher, trouvez quelles sont les erreurs que vous allez faire, mettez un petit peu d’argent sur la table, plantez-vous vite.

Et ensuite, une fois que vous allez vous ĂŞtre plantĂ©, vous allez savoir ce qui marche. Et lĂ , vous pourrez mettre le gros de l’investissement. Un autre exemple typique qui m’Ă©tait restĂ© d’un bouquin très intĂ©ressant sur le Lean Impact. C’Ă©tait l’exemple des chercheurs et des ONG qui se disent, tiens, on va aller planter des tomates en Afrique et on va aider Ă  faire du dĂ©veloppement. Et donc, ils vont en Afrique, ils plantent des tomates Tout va bien et puis ils sont mĂŞme surpris, ils disent c’est marrant, on ne comprend pas pourquoi les africains ils ont pas essayĂ© de planter des tomates tout seul en fait. Et puis un beau jour, il y a les hippos qui passent et les hippos ils mangent les tomates.

Et donc les chercheurs ils disent aux africains, quand mĂŞme vous auriez pu nous dire qu’il y avait des hippos les gens du coin ils disent bah oui mais en mĂŞme temps vous ne nous avez pas demandĂ©. Donc si vous nous aviez demandĂ© on vous aurait rĂ©pondu.

De la mĂŞme manière avec des exemples beaucoup plus sĂ©rieux qui touchent Ă  la dignitĂ© humaine, il y avait des entreprises aussi Ă  caractère social qui Ă©taient allĂ©es en Afrique en disant on va construire des toilettes pour les gens qui n’ont pas accès aux moyens sanitaires de base. En fait, les gens sur place ne voulaient pas utiliser les toilettes parce qu’ils ne voulaient pas qu’on leur fasse de la charitĂ©, ils voulaient payer pour leurs toilettes. Et donc, ce qui avait flanchĂ© dans le modèle, ce n’Ă©tait pas le sujet des toilettes, c’Ă©tait le sujet du business model. Parce que les gens qui avaient conçu les toilettes Ă  la base ne pas dit que peut-ĂŞtre qu’il fallait mettre un système Ă  l’entrĂ©e pour mettre une pièce pour que les gens aient l’impression qu’on les ait respectĂ©s dans le process.

Donc tout ça, c’est des sujets de test, c’est des sujets de rĂ©flĂ©chir Ă  plusieurs, que ce soit avec l’Ă©quipe, que ce soit en Ă©mulation avec les utilisateurs, avec les clients, les clients ne sont pas forcĂ©ment les utilisateurs, donc il y a un vrai enjeu de tester, et souvent ces choses-lĂ , Dont on parlait tout Ă  l’heure, sont des vrais Ă©lĂ©ments de test parce qu’on peut les coller sur tous les murs et on arrive Ă  avoir un business model qui est autour de nous, sur des fenĂŞtres, sur des murs, modĂ©liser les choses et arriver Ă  les tester puisqu’ensuite on peut y revenir.

L’importance de prĂ©server sa marge

[Antoine Martin] :  et un deuxième Ă©lĂ©ment dans la mise en Ĺ“uvre, de ne pas oublier de garder une marge, de respecter une marge. On parlait tout Ă  l’heure de… baisser certains Ă©lĂ©ments, d’en rajouter d’autres c’est important parce que souvent le process de crĂ©ation de valeur se fait en mettant deux facteurs en parallèle l’un de l’autre c’est la qualitĂ© et le prix et donc on a l’impression que plus on va faire de la qualitĂ© plus on pourra vendre cher et au contraire que si on baisse le prix ça va baisser la qualitĂ© or le sujet c’est pas la qualitĂ© par rapport au prix c’est le rapport a la valeur qu’on obtient « value for money » en anglais et donc Ă  partir de lĂ  on peut avoir un rapport de « value for money » qui va ĂŞtre exceptionnel mĂŞme si le prix est extrĂŞmement haut simplement parce que la valeur perçue va ĂŞtre ultra positive et ultra forte. De la mĂŞme manière qu’il peut y avoir des objets qui sont extrĂŞmement peu chers, comme un post-it, qui vont avoir une de valeur qui va ĂŞtre Ă©norme.

Donc il y a un vrai enjeu Ă  se dire, quelle est la marge ? Plus je prends dans ma marge, plus j’impacte ma marge, moins je peux dĂ©velopper, moins je peux investir. Donc si je veux investir dans de l’innovation, il faut que je protège ma marge.

Et puis je dirais que la troisième chose Ă  garder en tĂŞte par rapport Ă  la mise en Ĺ“uvre de tous ces processus d’innovation, c’est de pas tout changer d’un coup. Si on a un modèle qui fonctionne et qu’on se dit qu’on a besoin de transformer notre modèle parce qu’il y a trop de compĂ©tition parce qu’il y a trop de gens sur le marchĂ© parce que les marges ne sont plus assez importantes… si du jour au lendemain on change tout ça veut dire qu’on n’a plus de revenus et donc si on n’a de revenus, on est sous assistance respiratoire on pourra pas tenir donc il y a un vrai enjeu Ă  commencer progressivement, tester le marchĂ©, c’est-Ă -dire qu’on a testĂ© l’idĂ©e, maintenant on teste le marchĂ©, on valide le marchĂ©, on trouve les premiers acheteurs, on fait les choses au fur et Ă  mesure, en confirmant pas après pas que la super idĂ©e qu’on a eue, les gens sont prĂŞts Ă  l’acheter.

Le Test

[Antoine Martin] :  Je passe directement Ă  l’Ă©tape d’après, mais le test, finalement, c’est dire… regarde mon industrie, je regarde ma boĂ®te, est-ce que je suis diffĂ©rent ? Et d’autre part, est-ce que ma diffĂ©rence crĂ©e de la valeur ? Je peux ĂŞtre très diffĂ©rent, ce n’est pas pour ça que je vais crĂ©er de la valeur. Je peux ĂŞtre dans industrie dans laquelle les voitures que je construis vont ĂŞtre transparentes. C’est bien, mais ce n’est pas pour ça que ça va crĂ©er de la valeur sur le marchĂ©. Donc la diffĂ©rence ne crĂ©e pas nĂ©cessairement de la valeur et le test, il est lĂ . Il est de se dire, est-ce que la diffĂ©rence que j’ai mise en place crĂ©e de la valeur ? Est-ce que les gens sont prĂŞts Ă  payer pour cette diffĂ©rence ? Et la seule manière qu’on a de savoir, c’est de tester. Faut tester l’idĂ©e et il faut tester si les gens sont prĂŞts Ă  payer.

Les enjeux de l’innovation sans tech pour les startups

[Philippe Bonnet] :  Ça inspire, ça peut ramener de manière assez naturelle sur les deux types d’enjeux qu’on va avoir, les enjeux quand on dĂ©marre. Le premier, c’est que pour innover, il faut avoir une bonne raison et une conviction. C’est la bonne raison de la compĂ©tition qualitĂ©-prix que tu mentionnais et la conviction que, c’est un process qu’il va falloir mettre en place pour pouvoir le faire.

Le second ça va ĂŞtre de tester et de vendre avant de produire. Bien sĂ»r, le plus tĂ´t, on se plante le mieux, mais la rĂ©alitĂ©, c’est que si on respecte le roadshow que tu mentionnais, le fait de pouvoir vendre avant de faire, alors on est dans un cercle qui est vertueux.

Le troisième, c’est que, et ça revient au point de dĂ©part, il faut accepter de dĂ©cloisonner son industrie. On n’est pas enfermĂ© dans son secteur d’activitĂ©, dans son mĂ©tier. Un comptable n’est pas qu’un comptable, c’est aussi un entrepreneur. Et la dĂ©monstration que tu as faite tout Ă  l’heure avec cet exemple de Rauva est inspirante Ă  ce niveau-lĂ .

Les enjeux de l’innovation sans tech pour les scale-ups

[Philippe Bonnet] :  un niveau plus important de taille ou d’avancĂ©e dans l’entrepreneuriat, c’est effectivement de rĂ©aliser qu’innover, c’est un process. Et donc, faut bien analyser ce process, rentrer dedans, Accepter de prendre ce temps et donc en fait ça veut dire accepter de l’anticiper parce que au moment oĂą on en a besoin on l’a peut-ĂŞtre pas et donc il faut prendre les peut-ĂŞtre six ou neuf mois pour anticiper le moment oĂą on va avoir besoin de ce produit qui va ĂŞtre Ă  forte marge et Ă  très grande attractivitĂ©

Deuxièmement programmer le cashflow qui va avec, avec le timing, les Ă©quipes, le commerce – si on la fait simple, c’est d’avoir un business plan, si pas un plan pour son business. Et puis, trois, en fait, c’est qu’il faut s’entourer. Il faut avoir les bonnes personnes aux bons endroits. Il faut avoir des gens qui sont capables de vous permettre de lever de l’argent, de pouvoir rĂ©aliser cette innovation, le packaging, le marketing et l’ensemble avec les compĂ©tences qui ne sont pas dĂ©jĂ  dans l’Ă©quipe.

Conclusion et rĂ©flexions finales: Innover sans tech c’est totalement possible !

[Antoine Martin] :  Le dernier point fait de s’entourer me semble particulièrement pertinent, dans le sens oĂą l’innovation, de notre expĂ©rience, de ce qu’on a vu, on se trompe peut-ĂŞtre, mais de ce qu’on a vu en tout cas, ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire tout seul et en interne.

Dans une petite boĂ®te, dans une plus grosse boĂ®te, quand on a le nez dans le guidon, on ne peut pas ĂŞtre en mesure Ă  la fois de guidonner et d’arrĂŞter de rĂ©flĂ©chir Ă  son guidon pour rĂ©flĂ©chir Ă  quel est le guidon bis qu’on pourrait arriver Ă  gĂ©nĂ©rer. Ça veut dire qu’en fait, la meilleure manière… De pouvoir innover sur son business model, sur son offre, sur sa proposition de valeur, sur ses process et de faire intervenir des gens qui sont l’extĂ©rieur, qui vont pouvoir arriver avec des post-it et des marqueurs, et au-delĂ  des post-it et des marqueurs, qui vont ĂŞtre en mesure de pouvoir provoquer les gens pour les aider Ă  rĂ©flĂ©chir en interne, arriver Ă  des moments qui n’Ă©taient pas prĂ©vus, qui n’Ă©taient pas anticipĂ©s, mais qui font que monde se dit « on l’a fait ».

[Philippe Bonnet] :  Ça me fait vraiment beaucoup penser Ă  toutes ces rĂ©flexions sur les angles morts dont on parle de manière très rĂ©gulière et le fait de s’entourer c’est aussi une façon de minimiser ces angles morts.

[Antoine Martin] :  Pour terminer sur le sujet, y a des bouquins Ă  lire, c’est notamment les bouquins de l’OcĂ©an Bleu, Blue Ocean Strategy, qui parlent de tout ça, on mettra les liens dans description. Cela dit, ce sont des bouquins qui sont complexes, parce qu’effectivement, ce sont des bouquins qui expliquent un peu la logique, mais qui n’expliquent surtout pas comment le faire soi-mĂŞme.

Donc, si on veut creuser un peu plus la question, comme d’habitude, on prend contact avec les facilitateurs de croissance et les facilitateurs de scale d’Impactified. Et puis Ă  bientĂ´t. Salut Philippe

[Philippe Bonnet] :  Salut Antoine, à bientôt.

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